Restauration, conservation et sauvegarde des monuments

Parce qu’ils ont subi les aléas climatiques et humains bien des monuments nous sont transmis dans un état plus ou moins ruiné, dégradé voir dangereux. Il convient alors d’envisager des travaux.

L’état de ruine, si il est propice aux rêveries et créations romantiques ne permettra jamais la transmission de ce monument aux générations futures : il est en effet appelé à continuer à se dégrader et finira par s’écrouler il faut seulement espérer que ce ne soit sur la tête des promeneurs poètes …

Il nous reste deux solutions pour empêcher la disparition à savoir la conservation et la reconstruction.

La conservation va figer une image du monument à l’instant présent, elle empêche toute évolution du monument mais va nécessiter des soins constants et une surveillance accrue. Les moyens et techniques qui sont engagés dans ce genre de travaux sont souvent modernes, c’est à dire qu’il y a mise en œuvre de matériaux modernes (titane, aluminium , ..) et surtout des produits modernes, colles et résines dont il conviendra de suivre l’évolution dans les temps. Aucune conservation n’est définitive il ne s’agit jamais que d’essayer de reculer au maximum l’échéance inéluctable.

La reconstruction procède d’une toute autre façon puisqu’elle va s’efforcer de retrouver l’image du monument avec le moins de dégradations possible voire même l’aspect initial. Dans les faits il va falloir de nombreuses recherches et réunion pour se mettre d’accord, un monument plus il est ancien, aura subi de nombreuses modifications liées à son usage et à la vie de ses occupants. Une fois le choix de l’époque, du style et de l’aspect effectués vont s’activer les professionnels spécialisés dans les techniques anciennes de maçonnerie, de menuiserie et de taille de pierres. En effet il importe dans ce cas de « continuer «  une construction qui se serait en quelque sorte arrêtée quelques centaines d’années auparavant.

Les restaurateurs / reconstructeurs s’attacheront principalement à retrouver les gestes, matériaux et techniques de l’époque choisie, le monument pourra alors poursuivre sa vie normale et l’échéance de ruine sera d’autant ajournée que le monument restera normalement entretenu.

Au Moyen-Age…

Au Moyen-Age, le château était le symbole du pouvoir et de la protection qu’apportait le seigneur, bien souvent issu de la modification d’une tour entourée d’une palissade son architecture a évolué selon les nécessités de la défense, puis de la vie du seigneur. La révolution française a entrainé le démantèlement de nombreux bâtiments soit démontés totalement car réutilisés comme carrière de pierres, soit vendus et transformés entièrement par leurs nouveaux propriétaires.

Le village de Domeyrat est depuis le 13e dominé par la masse imposante de sont château ; véritable place forte il fut transformé au 17e principalement en résidence moderne pour l’époque pour la famille de Langeac, puis de La Rochefoucauld. Sa silhouette n’a plus rien à voir avec sa grandeur passée de château que l’on qualifiera de « fort » au 19e, il ressemble maintenant plus à ces gravures romantiques des ruines dans la brume, et pourtant il peut revivre…

Présentation du village

Domeyrat est un petit village rural du canton de Lafayette,

de 957 hectares situé à 500m alt.

Le point culminant en est : le Pie Charenty (734m alt.)

On trouve une rivière: La Senouire et son affluent le Doulon.

La commune se compose de 4 hameaux (Senèze, Blannat, Domarget et la Cougeat) et le bourg.

Le village posséde le label « Pays d’art et d’histoire. » qui est animé par les guides conférenciers du SMAT du Haut-Allier.

Domeyrat et son passé historique.

L’histoire de Domeyrat commence à l’époque dite du « Villafranchien supérieur », c’est-à-dire une ère allant de -1,8 à -1,4 million d’années. C’est sur le hameau de Senèze haut lieu de la paléontologie mondiale, qui, durant ces dernières années ont permis de définir une quinzaine d’espèces nouvelles dans le monde de la paléontologie. La découverte d’un crâne d’un grand singe terrestre femelle très rare (3 exemplaires dans le monde dont une seule femelle, celle de Senèze) qui a intéressé particulièrement le laboratoire de primatologie de New York.

Pourtant malgré cet héritage, il faut attendre 1250 pour que l’on mentionne Domeyrat. Autrefois appelé « Dalmeyrac »

En effet, les Seigneurs Papabeuf Astorgius et son fils Bertrand rendent hommage à Alphonse de Poitiers frère de Philippe Auguste roi de France.

Les seigneurs de Papabeuf originaire de Sauxillanges construisent le château de Domeyrat qui domine majestueusement le village.

La famille Papabeuf disparaît subitement en 1348 victime peut-être de la peste noire.

Plusieurs familles vont s’y succéder, jusqu’à la famille des Langeac en 1387.

Jean de Langheac sénéchal d’Auvergne hérite de la seigneurie en 1421 en épousant Marguerite Couge de Champaigne, nièce De Martin Couge de Champaigne évêque de Clermont.

Sous son influence, il va remanier considérablement l’édifice et lui donner l’aspect d’aujourd’hui.

En 1619 il devient la propriété de la famille de La Rochefoucauld.

En 1656 le château est vendu une première fois, puis en 1773 une deuxième fois à la famille Fargés.

À la Révolution, il est démantelé et peu à peu pillé.

Le 30 décembre 1983, il est classé monument historique et en 1998 le Conseil Général de la Haute-Loire achète le château.

Au XIIéme siécle le prieuré casadéen de Domeyrat est construit, aujourd’hui, il ne reste que la cure et l’église, composée de deux travées de nef voûtées en berceau, une travée à la suite voûtée en coupole portant le clocher. Choeur circulaire voûté en cul-de-four, orné intérieurement par une série d’arcatures soutenues par des colonnettes à chapiteaux sculptés de personnages symboliques.

Au XVe siècle, les Langehac construisent la chapelle seigneuriale Gothique.

Dans l’église on peut voir:

Un plat au fond du quel repose la tête de saint Jean-Baptiste sculpté en bois polychrome. Ce plat fut réalisé à la demande de Gabriel Sicard prieure de Domeyrat en 1503.

Au XVIIe siècle la famille de La Rochefoucauld, fait peindre à Guy François une peinture à l’huile : le couronnement de la vierge.

Ils font fondre les cloches qui aujourd’hui sonnent encore les heures…

Enfin c’est au XVe siècle qu’est construit le pont roman qui enjambe la Senouire.